Extraits de « Le monde du Gosho , vol.1 »:

Publié le par kpalimetite.over-blog.org

Entretiens avec Daisaku Ikeda (président de la SGI), Katsuji Saito (responsable du département d'étude de SG Japon) et Masaaki Morinaka (vice-responsable du département d'étude de SG Japon), ACEP 2004.

 

 

D. Ikeda : En plus de la relation maître et disciples, il existe une autre forme de relations humaines fondée sur la Loi. C'est le lien de camarades dans la foi. La forme idéale de ce lien est formulé par la principe d'Itai Doshin « Un seul coeur dans des corps différents ».
    La communauté harmonieuse des pratiquants bouddhistes (en sanskrit sangha) peut être conçue de 2 façons. On peut la comparer à la chaîne et à la trame dans un tissage. Lorsqu'on fabrique un textile sur un métier à tisser, le fil est d'abord tendu dans le sens de la longueur, la chaîne ; et il est traversé ensuite horizontalement par la trame.
    La chaîne représente le lien de maître et disciple, et la trame le lien entre amis membres. Quand ils s'entremêlent, un magnifique tissus de kosen rufu est créé. Dans la plus part des textiles, la chaîne donne la structure des tissus, tandis que la trame fournit les motifs ou les dessins. De la même manière, aussi longtemps que le lien de maître et disciple sous-tendra la soka gakkai, un merveilleux motif pourra être façonné grâce à la solidarité des disciples [...]

K. Saito : Dans « l'héritage de la Loi ultime de la vie », Nichiren Daishonin souligne l'importance de la cohésion ( Un seul coeur dans des corps différents ) en disant : « Tous les disciples de Nichiren et ceux qui croient en son enseignement devraient réciter Nam Myoho Renge Kyo d'un même coeur (itaï doshin) en transcendant toutes leurs différences, jusqu'à devenir aussi inséparable que les poissons et l'eau dans laquelle il nagent ; ce lien spirituel est la base de la transmission universelle de la loi ultime qui régit vie et mort. C'est là le véritable but de l'enseignement que propage Nichiren avec une telle unité, même le grand voeu de kosen rufu ne peut manquer de se réaliser. » (Lettres et Traités, vol. 1, p.23)
D. Ikeda : Ici, Nichiren Daishonin indique que la transmission de la Loi régissant vie et mort ne peut s'opérer qu'entre personnes récitant Nam Myoho Renge Kyo dans l'esprit d' » Un seul coeur dans des corps différents « , en se soutenant et s'encourageant les uns les autres, sans la moindre discrimination. Nichiren Daishonin dit plus loin que daïmoku récité dans cet esprit, est le « véritable but de la propagation », et que c'est grâce à une foi de ce genre que le grand voeu d'accomplir kosen rufu peut se réaliser. [...]

D. Ikéda : « Dépasser toutes les différences veut dire que, parmi les disciples de Nichiren Daishonin, il ne doit pas y avoir d'opposition ou de rejet des autres. « devenir aussi inséparable que les poissons et l'eau dans laquelle ils nagent » pourraient être compris comme l'esprit qui consiste à se chérir les uns les autres, en ce considérant comme des individualités irremplaçables, en essayant de faire sortir ce qu'il y a de meilleur chez les uns et les autres. Ainsi, « Un seul coeur dans des corps différents » veut dire être en accord spirituel et se soutenir mutuellement. [...]

D. Ikeda : [...] Dans tout rassemblement, il y aura toujours certaines personnes avec qui nous sommes en affinité et d'autres pas, et il y aura nécessairement des problèmes de compatibilité. Ressentir des émotions de ce genre n'est que naturel chez les êtres humains. Nous ne devrions donc pas nous en inquiéter outre mesure. Mais d'un autre côté, il est stupide d'être entièrement dominé par ses attirances et ses répulsions personnelles, et d'en arriver pour cela à négliger notre pratique bouddhique. Agir ainsi, c'est simplement ouvrir la porte aux fonctions démoniaques, et devenir de ces forces négatives.
C'est pourquoi Nichiren Daishonin enjoignait sévèrement ses disciples à ne pas dire de mal les uns des autres : « Même si cela vous demande quelques efforts, vous devriez vous allier avec eux en toute amitié » (Lettres et traités, vol.2, p.305)
« Même si vos frères commettent certaines erreurs, vous devriez ne pas en tenir compte » (GZ p. 1176); et : « Je vous le répète soyez en bons termes avec les autres croyants, en vous efforçant de ne rien voir, entendre ou souligner chez eux que vous trouviez déplaisant. » (Lettres et traités, vol. 5, p. 288). Dans « les 14 oppositions » (lettres et traités, vol. 3, p. 232), on trouve aussi quelques directives sévères contre la médisance à l'encontre des autres pratiquants. [...]

D.Ikeda : Nous sommes tous des bouddhas. Par conséquent, critiquer un autre équivaut à critiquer un bouddha. Parce que nous sommes tous bouddha, nous devrions nous respecter les uns les autres. On devrait trouver partout dans la soka gakkai l'esprit décrit dans ce passage du Sûtra du Lotus : « Vous devriez vous lever et le saluer de loin, avec autant de respect que vous en manifesteriez à l'égard d'un bouddha » (LS, chapitre 28, p.324)
Nichiren Daishonin va jusqu'à dire, à propos de ceux qui prennent l'habitude de critiquer les autres  : « Ils ne parviennent pas à se détacher de leurs conceptions erronées [cette attitude méprisante à l'égard d'autres pratiquants] et semblent condamner dans les voies mauvaises. » (Lettres et Traités, vol. 3, p.233)
C'est pourquoi il ajoute : « vous devriez vous respecter les uns les autres de la même manière que les bouddhas ... «  (Ibid). Il déclare aussi que nous devrions être attentionnés et généreux les uns envers les autres, exactement comme Shakyamuni et le bouddha Tahô, qui dans le chapitre « la tour aux trésors » du Sûtra du Lotus partagent le même siège [...]
M. Morinaka : L'idée de 2 bouddhas en train de se chamailler et véritablement inconcevable... [...]

D.Ikeda : Il est pour nous vital de nous dresser ensemble avec la même aspiration  de parler franchement les uns avec les autres.
Dans toutes situations, le dialogue est une approche positive. Il crée la solidarité et l'unité. Le rejet des autres ne peut avoir que des répercutions négatives. Il suscite la division et conduit à la destruction. Il est nécessaire de se regrouper et de parler. Il est tout à fait normal que notre point de vue diffère parfois de celui des autres. Mais le dialogue fait naître la confiance, même parmi ceux qui n'ont pas la même vision des choses. Dans la société également, le dialogue est la fondation de la paix, tandis que le rejet est la porte ouverte à la guerre. [...]

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Publié dans Itaï doshin

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