Gosho : « La difficulté de garder la foi »
développé par Mme Edwige GERALDO, responsable nationale des jeunes fille .
Le texte de référence se trouve dans le volume 1 des "Lettres et Traités de Nichiren Daishonin" p.139 à 141.
« La difficulté de garder la foi » est scindée en 3 parties, mais d’abord la lettre est située dans son contexte historique.
Parmi les dizaines de lettres personnelles que compte le gosho (lettres et traités de Nichiren Daishonin), 37 sont adressées à Shijo Kingo. Samouraï-médecin disciple de Nichiren, il l’accompagnera tout au long de son combat pour établir la loi correcte. En mars 1275, Shijo Kingo avait 46 ans et était en butte à de nombreuses difficultés. Son seigneur et les autres guerriers du domaine faisaient ouvertement preuve de ressentiments à son égard. L’encouragement que lui envoie Nichiren est bref et va droit au but : tenir bon et ne pas permettre que quoi que ce soit trouble sa foi.
2 ans plus tard, Shijo Kingo recevra les rétributions de sa loyauté, après avoir été disgracié (perte de son domaine, éloignement du seigneur Ema), il se verra honoré et octroyé un domaine plus grand que celui qu’on lui avait supprimé.
« Recevoir est facile mais garder est difficile. Pourtant c’est en persévérant qu’on atteint la boddhéité. » Autrement dit, recevoir la loi est facile, mais pratiquer régulièrement est difficile, pourtant c’est en surmontant nos difficultés que nous pouvons jouir d’une vie heureuse.
Il est difficile de pratiquer quotidiennement car en le faisant nous défions l’obscurité fondamentale, inhérente à notre vie. Nichiren explique cela dans « Les 14 oppositions à la loi ». Quelqu’un qui commence à pratiquer est comme une personne qui arrive dans un logement et contracte des dettes en ne payant pas le loyer. Le propriétaire ne s’empresse pas de demander son dû, mais si la personne fait mine de partir, alors le propriétaire rapplique en vitesse pour récupérer l’ensemble de la dette. En pratiquant, nous quittons le domaine de l’obscurité fondamentale, donc le roi démon du 6è ciel accourt, faisant apparaître de nombreux obstacles afin de nous empêcher de changer de domaine, c'est-à-dire atteindre la boddhéité. Cependant il est facile de se tromper sur la véritable nature de ses obstacles.
C’est pourquoi garder la foi est difficile. Avec le Gohonzon, toutes les difficultés peuvent être transformées en cause de bonheur.
« La boddhéité consiste à progresser sans cesse. » D. Ikeda
Au moment même où nous récitons Nam Myoho Renge Kyo, on appelle notre état de bouddha. La boddhéité se manifeste instantanément ! c’est le véritable sens de « paix et sécurité dans cette vie-ci et des circonstances favorables dans la prochaine. »
« Le grand maître Ti’en Taï déclare : on adhère grâce au pouvoir de la foi et on poursuit grâce au pouvoir de la pratique. »
La foi peut être comprise ici comme le fait qu’au début on croit au Gohonzon, on a confiance, mais on le considère comme extérieur à nous, comme l’attitude passive de quelqu’un qui reçoit quelque chose. Par contre le terme prière évoque les efforts intérieurs. Quelqu’un qui se lance des défis établit la nature de Bouddha dans sa vie. Il pourra faire face à n’importe quel obstacle car il aura développé sa force par le pouvoir de la pratique.
« Le pratiquant du Sutrâ du Lotus est le bouddha de la vie éternelle ; que sa pratique rencontre des obstacles n’est pas plus étonnant que de voir les branches du pin séculaire se tordre et se briser. »
Il est donc normal de rencontrer des obstacles.
L’expression « le pratiquant du Sutra du Lotus » désigne spécifiquement Nichiren Daishonin, mais plus généralement ce passage fait référence à tous ceux qui adhèrent au Gohonzon et aux enseignements de Nichiren. Nous devons considérer les obstacles et les persécussions comme de la nourriture pour notre développement. Mr Ikeda dit qu’au lendemain de la 2nde guerre mondiale, il était désespéré et ne savait pas comment s’en sortir. Mais il s’est accroché à sa foi, il a fait énormément d’efforts et le voilà maintenant ! Quand il pense, c’est comme si c’était irréel, aussi fugace qu’un rêve.
Nichiren met en garde Shijo Kingo à la fin de la lettre : « Désormais, vous devez toujours avoir en mémoire la phrase … ». Si nous développons notre capacité à nous réjouir, si nous faisons plus d’efforts pour kosen rufu et que nous considérons les difficultés comme des occasions d’accumuler de la bonne fortune, à la fin de notre vie nous aurons apporté la preuve de la force de notre pratique.